On s’en va dans le nord!

 

 

 

 

Heureux d’avoir atteint notre destination australe, nous prenons la route vers le nord en direction de Buenos Aires à 3079km par la route RA3. Nous nous transformons donc en machine à avaler les kilomètres. Le paysage est splendide! La steppe argentine nous offre des  points de vues s’étirant à l’infini. Complètement plate et sans arbres, la steppe patagonienne  n’offre aucune résistance au vent. Tel une soufflerie, les vents de 90 km/h nous fouette constamment. Majoritairement d’ouest en est, il nous brasse, bouscule et rend la conduite difficile. Difficile pour le conducteur, mais aussi pour la mécanique qui est sollicitée d’avantage. Pour conséquence, notre tuyau (durite) entre le turbo et l’inter-cooler sort de son embout. Cela nous oblige à nous arrêter sur le bas côté de la route. Quelques instants plus tard, le boyau remis en place, le collet métallique bien serré, on peu repartir. À 5 reprises, nous nous arrêtons pour la même cause, le tuyau sort soit du côté du turbo ou de l’inter-cooler. Puisque nous n’avons pas de collets de rechange, Yanic ne veut pas trop les serrer de peur de les rompre.

 

Bye bye Terre de Feu
On roule!

 

 

Sur notre remontée, nous nous arrêtons au parc de Monte Leon pour faire une petite randonnée et y voir des Pingouins de Magellan. Suite à notre inscription, les gardes parc nous informent qu’il y a des pumas dans les environs et nous enseignent ce que nous devons faire si nous en rencontrons un: restez groupés, les enfants près de vous, faites du bruit, paraissez aussi grand et gros que possible en agitant des vêtements, ne tournez pas le dos et ne fuyez pas en courant, etc. En bons canadiens que nous sommes, Yanic part avec sa cannette de répulsif à ours.

La randonnée est magnifique et nous mène en bordure d’une falaise où nous observons de loin une belle colonie de pingouins. En route, nous apprenons sur le cycle de reproduction des Pingouins de Magellan:

Les pingouins arrivent à la colonie au début septembre après avoir passé 5 mois en mer. Les mâles arrivent les premiers afin de préparer le nid et le mettre en ordre (ils reviennent au même endroit année sur année). Quelques jours plus tard, les femelles arrivent et reforment leur couple avec le même mâle. Si le mâle n’est pas là, la femelle prendra un nouveau partenaire, par contre, si la femelle manque à l’appel, le mâle l’attendra, sans partir du nids. Il l’attendra ainsi, sans manger ni boire jusqu’à y laisser sa vie.

Au terme de la période des amours, qui se déroule en octobre, deux oeufs sont pondus. Le couple partage la couvée d’une quarantaine de jours et partent en mer, à tour de rôle, pour se nourrir.

La sélection naturelle s’exerce lorsque le premier rejeton sort de son oeuf. Les parents, ne pouvant subvenir aux besoins de deux petits abandonnent dès lors l’oeuf non-éclos.

À la fin novembre, les rejetons sont nés et les parents les protègent du climat ainsi que des prédateurs. Quotidiennement et jusqu’à la fin janvier, un des parents protège le nids et le rejeton pendant que l’autre part en mer, aussi loin que 50km de la côte, pour chercher des sardines, encodes, calamars et crustacés en pêchant jusqu’à 80m de profond. À leur retour au nid, ils régurgitent une partie de la nourriture directement dans le bec du petit.

À la fin janvier, les petites sont pratiquement de la même taille que leurs parents mais portent toujours leur duvet gris. Puisque ce duvet n’est pas imperméable, ils ne peuvent toujours pas aller en mer pour se nourrir. À ce moment, la quantité de nourriture requis par le petit est tel que les deux parents doivent aller en mer pour le nourrir. Afin de ne pas le laisser seul face aux prédateurs, les pingouins regroupent plusieurs petits sous la surveillance de quelques adultes. À leur retour, les parents reconnaissent leur petit de part ses cris et peuvent alors le nourrir.

En février, les petits commencent à muer et à arborer le plumage imperméable noir et blanc. À ce point, les parents arrêtent de les nourrir afin de les forcer à aller en mer pour subvenir à leurs besoins. Les parents, libérés de leur travail, passent leur temps sur terre et commencent à muer. Ce changement de pelage permet d’avoir une meilleur isolation pour survivre aux eau froides des mers du sud.

En mars, les petits sont devenus adultes et quittent le nid familial.

Le Pingouins de Magellan mesure 44cm et pèse près de 4kg. Il peut vivre plus de 15 ans et se retrouve dans l’Atlantique et Pacifique du sud.

 

Arrivés au bout de la randonnée, sans avoir vu l’ombre d’un puma, nous observons la colonie située en contrebas de la falaise.

 

 

 

Puisque nos deux petits pingouins adorés réclament eux aussi de la nourriture, nous profitons du belvédère pour prendre une petite collation. Entre deux bouchés, notre grand pingouin Simon Loc s’interroge:

 

– Qu’est-ce qu’il y a là entre les planches? Ça l’air d’un oeil?

S’approchant pour mieux voir, ils s’exclame:

– Papa, Maman! Venez voir, il y a un pingouin en dessous de nous!!!

– Non, pas vrai!!!! dit Stéphanie.

– Mais oui regarde.

– Incroyable, il y a un couple et leur petit dessous nos pieds.

 

 

 

Après avoir passé un bon moment à observer de très près cette magnifique famille, nous reprenons, répulsif à ours à portée de main, le chemin du retour et poursuivons notre remontée nordique.

Quelques centaines de kilomètres plus au nord, nous nous arrêtons quelques instants sur une plage en bordure de la route 3 et où lézardent des centaines de lions de mer. Nous sommes stupéfaits de les voir et de les sentir d’aussi près. Simon Loc et Flavie, de même que les parents, sont très heureux de les observer.

 

 

 

Depuis un bon moment, Yanic se questionne sur l’usure des pneus. Avant le départ, il se demandait s’ils allaient être bon pour nous mener jusqu’en Argentine… Puisqu’ils sont largement dépassés depuis la frontière Argentine-Bolivie, il est maintenant temps de s’en procurer de nouveaux. L’achat de nouveaux pneumatiques se fait sans trop de difficulté, mais l’installation est longue… 2h30 pour remplacer les 6 pneus! Mais bon, nous sommes en Amérique du sud après tout et nous avons tout notre temps.

 

 

Lors de la désinstallation des pneus arrière de sur leur jante, Yanic remarque qu’il y a une poudre noire à l’intérieur. En regardant de plus près, il remarque que cette poudre est en fait un genre de sable comme celui du parc de Sajama en Bolivie. Fait inexpliqué, nous n’avons pas perdu d’air dans les roues et il y a près d’une tasse de sable par roues?!?

Nous poursuivons la route et atteignons la ville de Trelew et bifurquons vers l’est afin d’Atteindre la côte Atlantique non loin. Sachant que la famille Martiniquaise que nous avions rencontré en Colombie, Pérou et Chili se trouve dans les parages, Yanic demande à tout le monde d’ouvrir l’oeil: « Qui sait, on les croisera peut être encore ».

Pas plus de 2 minutes plus tard, on les croise!!!

Les enfants sautent de joie: « on va revoir nos amies! ».

Puisque nos plans du coucher divergent, nous les laissons et leur donnons un rendez-vous à Puerto Madryn pour le lendemain et poursuivons notre route vers la mer.

 

 

 

Nous retrouvons, en fin de soirée les Cuvilier à Puerto Madryn et les enfant sont heureux de pourvoir enfin jouer, en français, avec des amies de leurs âges.

Les moment passé en compagnie d’Adeline, Fred, Louison et Anouk sont si agréable que nous nous redonnons un rendez-vous au parc de Valdes afin d’observer, espérons-le, des cachalots.

 

Salut Fred!!

 

 

Au lendemain d’une agréable soirée, nous roulons sur la rive Atlantique du parc de Valdes et nous nous arrêtons pour observer, de très près, une autre colonie de Pingouins de Magellan.

 

 

 

On se déplace par la suite sur la pointe nord du parc pour voir les Cachalots. Malheureusement pour nous, ils n’ont pas été vu depuis plusieurs jours et nous n’en verrons pas. Malgré tout, nous passons un très bon moment à observer les loups marins.

 

 

 

Au lendemain, nos amis reprennent la route. Nous, nous décidons de nous accorder une rare journée de repos dans notre remontée afin de profiter de la plage de Puerto Pyramides. Nos voisins de coucher nous impressionnent par leur véhicule. Qui a dit que tout doit être parfait avant de partir en vacances?!?

 

 

 

Après une pause bien méritée, nous reprenons la route et croisons en chemin le sous-marin/monument, en souvenir des 44 sous-mariniers perdus en mer à l’automne 2017. Le San Juan a implosé lors d’une pratique, à quelques centaines de kilomètres d’Ushuaia.

 

 

 

Qu’est-ce que l’on a fait après? Nous sommes certains que vous ne le devinerez pas?? 3 – 2 – 1… Vous donnez votre langue au chat? En bien, imaginez-vous que l’on a roulé vers le nord! Vous êtes surpris, non?!

Un autre endroit que nous voulons visiter est une colonie de perroquets. En réalité, c’est la plus grande colonie de perroquets de cet espèce au monde. Elle habiterait près de 35 000 oiseaux nichés sur une falaise de 12 km en bord de mer. Nous nous levons aux premiers rayons de soleil afin de les voir et surtout de les entendre.

 

Couché de lune

 

 

Nous sommes impressionnés par le spectacle.

De là, nous roulons et roulons puis atteignons enfin la frontière nous menant en Uruguay.

Au total, nous avons parcouru près de 3500km en 12 jours! Ouf…, mais nous y sommes, à nous l’Uruguay, le plus petit pays d’Amérique du sud.

 

 

 

Vous vous posez sûrement la questions: «  Mais pourquoi rouler autant? », voici l’explication:

La route 3, entre Ushuaia et Buenos Aires offre peu d’attraits. Elle est droite (parfois près de 100km sans courbe), elle a toujours un vent de côté et n’a aucun dénivelé. Bref, nous avons vu les points que nous désirions en parcourant celle-ci. Aussi, le temps file pour nous. Nous devons organiser le transport de notre Arthur vers l’Amérique du nord. Celui-ci part de Zarate, la ville portuaire de Buenos Aires en avril et nous le retrouverons à Tampa en Floride 30 jours plus tard.

D’ici la fin de notre aventure, nous planifions passer quelques semaines sur les plages uruguayennes et retourner en Argentine pour le transport d’Arthur depuis Zarate. Pendant le transport de celui-ci, nous voulons visiter Buenos Aires, prendre le bus pour les chutes d’Iguazu et prendre un vol vers Sao Paulo et/ou Rio de Janeiro au Brésil. Par la suite, partir pour Tampa et récupérer Arthur. Enfin rentrer au Québec pour voir nos familles et, comme il le faut bien, retourner au travail à la fin juin.

 

C’est encore loin, mais le temps passe vite!

 

 

Notre retour de la Patagonie:

 

 

 

 

Notre route en Uruguay:

 

 

 

 

Notre route globale:

 

 

 

 

Note:

– Il est très particulier de rouler à près de 100km/h avec un vent de dos, de sortir sa main à l’extérieur et de ne sentir aucun vent sur celle-ci, car le vent et le campeur ont la même vitesse…

6 commentaires à propos de “On s’en va dans le nord!

  1. Profitez de ces moments pour vous détendre après tant de route! Oui, le temps passe vite! Nous avons toujours autant de plaisir à vous suivre dans votre belle aventure. Merci pour le partage d’images ! Bonne continuité à toute la famille !

  2. Quel voyage fantastique et que dire de l’usure de ces pneus !! Continuez à vivre le moment présent même si le retour est annoncé dans votre itinéraire. L’Uruguay et le Brésil ouf profitez-en bien. Ah oui en plus il n’y aura plus de neige à votre retour 🙂

  3. Bonjour à la famille….
    J’ai un peu de retard… L’usure de vos chaussures requérait un changement…Ce n’était pas un luxe…J’ai été impressionné par la photo du sous-marin… J’avais vu quelques phots à la TV, mais très peu de gens l’auront vu de si près…BRAVO!…Ce matin, 17 mars, -12 à Terrebonne…Ça tire à la fin … Bye KLOD

  4. Toujours très intéressant..merci de partager.
    Bonne continuation
    Tante Diane et Gilles xx

  5. Impressionnant cette aventure! Toujours aussi fascinant de vous lire et de découvrir ces endroits magnifiques!

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