L’Altiplateau et ses profonds canyons

 

Nous quittons enfin la côte désertique pour entamer notre montée en altitude vers la capitale Inca, Cusco.

Notre premier plateau d’acclimatation est Arequipa, la deuxième ville en importance du pays. Cette ville à 2300m est entourée de volcans. Le centre historique a été classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

Nous nous baladons dans les rues de la vieille ville et sentons une électricité dans l’air. L’ambiance est festive et remplie de fébrilité car c’est ce soir qu’a lieu le premier match de soccer opposant les Néozélandais au Péruviens. Le gagnant, au total des points de 2 matchs, obtient son laissé passé pour le mondial 2018. La fébrilité est grande puisque la dernière qualification péruvienne remonte à 35 ans…

 

 

Puisque le match #1 est en Nouvelle-Zélande, décalage oblige, nous nous endormons en nous disant que si le Pérou gagne, un concert de klaxons nous réveillera. Finalement, silence radio, pas de son pas de festivité. Nous apprenons le lendemain matin, par nuls autres que des Néo-zélandais qu’il y a eu un match nul 0-0. Le tout se jouera à Lima 5 jours plus tard.

Nous poursuivons notre ascension et atteignons la pampa andine, un altiplateau long de près de 150km et ayant une altitude moyenne d’environ 4000m. À notre plus grand bonheur, nous observons au gré de la route plusieurs types de camélidés. Évidemment des lamas et alpagas, mais aussi des vigognes. La laine des vigognes, de part sa grande qualité, est la plus précieuse. Pour les curieux et surtout les magasineuses, la laine de ceux-ci se détaille à 400$US/livre sur les marchés locaux et peut atteindre les 2000$US/livre sur les marchés internationaux.

 

Vigogne

 

Avant d’atteindre le Canyon del Colca, la route culmine dans un col à 4900m d’où nous pouvons admirer plusieurs volcans. À cette altitude, nous virons tous au ralenti: Simon Loc se sent endormi, Stéphanie étourdie, Flavie est (pour une rare fois) sans énergie, Yanic est pas trop mal et Arthur peine dans les accélérations.

 

 

Le Canyon Del Colca s’étire sur plus de 100 km et ses derniers recoins n’ont été explorés qu’en 1980. Sa profondeur atteignant les 150m, il est le second canyon le plus profond du monde et est deux fois plus profond que le Grand Canyon du Colorado.

Nous nous arrêtons dans la ville de Chivay pour faire quelques provisions et y prendre notre pause lunch. Encore un fois, nous prenons le menu du jour dans un marché public. Au menu: soupe aux patates déshydratées (imaginez-vous une patates sous la forme d’un gros raisin sec) et plat de pâtes à la viande d’Alpaga.

En raison de l’altitude toujours haute, Yanic ne se sent pas trop bien au cours de son repas. La tête lui tourne un peu, il décide donc d’aller prendre de l’air frais à l’extérieur. À son retour, la propriétaire de la gargote lui dit de s’assoir sur un tabouret et elle lui fait respirer de l’alcool à 70%. Sous les recommandations de cette charmante dame, nous nous procurons le kit du parfait débutant! Celui-ci est composé d’alcool 70%, feuilles de muñia (prononcé: mounia et excellent contre las maux de ventre) et feuilles de coca. Là, n’appelez pas les policiers ainsi que la DPJ (Direction de la protection de la jeunesse au Québec)!!!

La feuille de coca est cultivée depuis plus de 5000 ans. Mâcher des feuilles de coca servait jadis de remède de toute sorte, mais l’utilisation très occasionnelle aide lors de l’acclimatation à l’altitude. Elles peuvent être prises en maté (tisane) ou simplement mâchées et placées en boule dans une joue.

 

feuilles de coca
quelques feuilles pour la poupoune
maté pour notre grand

 

Le Canyon del Coca nous attire pour un spectacle rarissime, soit l’observation des condors. Par temps chaud, le plus célèbre des oiseaux péruviens profite des courants d’air ascendant pour planer sans effort. Ce monarque pèse près de10kg et son envergure peut atteindre 3m. Lors de notre passage, le temps est plutôt froid et les courants d’airs chauds sont quasi inexistants. Malgré tout, nous pouvons apercevoir 2 de ces volatils mais à très haute altitude. Utilisant le maximum du zoom (180mm) de notre camera, nous réussissons à les capturer en images.

 

malgré le zoom de 180mm
même condor zoomé à l’ordinateur

 

Peu de temps suivant l’observation des condors, Simon Loc nous informe qu’il ne se sent pas bien. Il est très fatigué, a mal au ventre et a le moral à plat. Nous rejoignons le campeur et nous le convainquons de prendre 2 petites feuilles de coca. En les mastiquant, Simon Loc grimasse. Quelques instants plus tard, il nous dit avec un sourire en coin « ouin ça goûte le vert ça! » et il retrouve son aplomb habituel.

Le lendemain, un conducteur de bus touristique nous conseille de rebrousser notre chemin afin de profiter de l’excellent bitume de l’altiplateau ( cette région nous a offert les meilleures routes depuis notre arrivée en Amérique du sud) afin de nous diriger vers Cusco. Suivant ses conseils, nous remontons le col et repassons le sommet à 4900m, cette fois sous la neige au plus grand bonheur des petits et des grands Trotteux.

Un bonhomme ainsi qu’une dégustation de neige pure nous font oublier la ratification de l’oxygène. De plus, cette couverture blanche nous offre un spectacle grandiose sur les volcans de la région.

 

 

À la suite d’une très longue journée de route, 380km sur l’altiplato à +/-4000m et de passages à 4900, 4700 et 4600 mêtres nous atteignons le centre de la route reliant Cusco à Puno afin d’y passer la nuit. Le lendemain, Stéphanie fait quelques courses dans un marché typiquement andin. Il y a un nombre incroyable de kiosques offrant que des patates sous toutes ses formes. Malgré tout, elle nous déniche une petite surprise, de succulentes arachides fraîchement grillées et encore chaudes. Un véritable régal!

 

 

Prenant la direction de la captale Inca, Cusco, nous nous arrêtons pour visiter les ruines de Raqchi. Celles-ci sont les vestiges d’un grand temple qui supportait jadis le plus grand toit inca connu à ce jour.

 

 

En plus du temple et du reste de ses 22 colonnes, les ruines de Raqchi sont divisées en trois parties: la partie religieuse (le temple lui même), la partie urbaine où vivaient les nobles et la partie administrative où était entreposé la nourriture destinée aux autres cités inca.

Les maisons des nobles étaient parfaitement enlignées de sorte que lorsque le soleil se trouvait parfaitement dans le même axe, cela indiquait le solstice d’hiver (le 21 décembre) et le temps des récoltes au solstice d’été le 21 juin.

 

 

La partie administrative servait à entreposer les produits locaux destinés au troc avec les autres village incas. Les productions locales étaient de si grandes qualités qu’elles étaient même exportées jusqu’au Machu Pichu, situé à quelques centaines de kilomètres. Les entrepôts prenaient une forme circulaire et avaient de petites ouvertures trapézoïdale. À l’opposé de ces fenêtres, se trouvait une porte, elle aussi trapézoïdale. L’orientation des fenêtres et de la porte offrait une ventilation optimale pour la conservation des aliments qui pouvait atteindre 10ans. De plus, la forme de celles-ci était antisismique.

 

 

À notre surprise et plaisir, nous pouvons marcher sur la mythique route des Incas reliant les extrémités nord et sud de l’empire (de la Colombie au Chili).

 

 

Riche de ces nouvelles connaissances, nous passons la nuits sur la place d’arme d’un charmant petit village. Encore une fois ,nous attirons un bon nombre de curieux. Mais ce soir, toute l’attention du village s’est tournée vers le deuxième match de la qualification pour le Mondial. Se jouant à Lima, les péruviens ont un grand espoir d’enfin accéder à la cours des grands. Vers minuit, nous sommes réveillés par des bruits tonitruants et des feux d’artifices annonçant la victoire des locaux au compte de 2-0! Au lendemain, la fierté nationale se lit sur tous les visages. Un chauffeur de taxi nous mentionne qu’il a tellement crié pour encourager l’équipe, qu’il en a perdu la voix!

 

Présentement,nous sommes à Cusco et préparons notre excursion au Machu Pichu. À nous les « Mystérieuses Cités d’or »!

 

 

Où nous sommes rendus:

 

 

 

5 commentaires à propos de “L’Altiplateau et ses profonds canyons

      1. Mais ce qui me surprend encore plus, c’est qu’après une année complète passée au Québec, tu n’arrives pas encore à savoir ce qu’est le soccer!

        C’est comme Carleton ou Boston,!!

        Hi hi hi mon ami sur son cape!

  1. Vos photos sont magnifiques encore une fois. Nous espérons que les moments en altitude ne vous incommoderont plus les prochaines fois. Dommage que vous n’ayez pu assister à la conclusion de ce match de soccer. Merci à Stéphanie pour son message. Je lui ai répondu via votre messagerie de blog. Nous pensons à vous les amis. Bonne continuité! 😊

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