La Sierra du nord

 

 

Pour nous, le Pérou était synonyme (stéréotype) des grandes montagnes, lamas, flûtes de pans et du peuple Inca.

Quittant la côte et prenant la direction des Hauts Plateaux Andins du nord, nous sommes surpris par le paysage désertique qu’offre la bande côtière du pays. Située à moins de 1000m d’altitude, cette bande s’étend sur les 3000km du littoral péruvien. Au sud, elle rejoint le désert d’Atacama au Chili. En plus de plusieurs grandes villes, cette région regorge d’oasis arrosés par de multiples rivières venant des Andes. En roulant et en l’espace de quelques mètres, le paysage aride et désertique cède par la suite la place à de verdoyantes prairies. Nous accueillons ces paysages tel un vent de fraîcheur contrastant avec la chaleur sec des plaines désertiques.

Avant le coucher du soleil, dans un petit village sablonneux, nous repérons deux policiers qui sont assis à l’extérieur devant le poste de police. Nous nous arrêtons et leur demandons si nous pouvons nous stationner dans la petite rue perpendiculaire pour y dormir. Ils sont heureux de nous accueillir et de discuter avec nous. A plusieurs reprises, ils nous répètent, dans le but de nous convaincre, qu’il y a un bon restaurant tout près. Ils vont eux-mêmes y prendre leurs repas. Même si nous avons tout pour cuisiner et dans le but d’encourager l’économie locale, nous allons donc prendre un repas à cet endroit. Quelques minutes plus tard, les policiers arrivent. Ils semblent fiers que nous ayons suivi leur recommandation!

 

 

Après 2 jours de route et 300km de route, par moment infestée de nids de poules, mais en grande majorité par un bitume de très bonne qualité, nous atteignons notre première destination andine, Chachapoyas.

Chachapoyas est une ville de maisons blanches entourée de forêts de nuages de hautes altitudes. Fondée au début de la conquête espagnole, elle fut un important carrefour commercial entre la jungle et la côte jusqu’à la construction de la route dans les années 1940. La région de Chachapoyas regorge de ruines et sépultures de la civilisation Chachapoyas, le peule des nuages.

 

 

Les Chachapoyas contrôlaient un vaste territoire de la région entre les années 500 et 1493, quand les Incas envahirent la région et mirent fin à l’histoire des Chacha. Ceux-ci habitaient des constructions circulaires, uniques en leur genre, qui étaient agrémentées de décorations en zigzags ou en losanges. Afin de favoriser l’écoulement de la pluie, la toiture des bâtiments était haute, pentue et faite de chaume.

La cité de Kuelap, construite et habitée entre 500 et 1493, fut redécouverte en 1843. Construite au sommet d’une montagne à plus de 2800m d’altitude, de forme ovale, longue de 700m, couvrant près de 7 âcres et entourée d’une fortification d’environ 20m, était quasi imprenable. Les Chacha, près de 3500 à leur apogée, vivaient par famille de 5 ou 6 et possédaient 2 bâtiments (une pour s’y habiter et l’autre pour l’entreposage de la nourriture et des grains).

Certains bâtiments rectangulaires étaient utilisés comme lieux de rassemblement, culte ou rituel. Un bâtiment, en forme de cône inversé, avec en son centre un puis en forme de bouteille servait de sépultures aux nobles.

Croyant faussement que cette forteresse était remplie de richesse et d’or, les conquistadores l’ont attaquée, détruite et tué l’ensemble de ses habitants. Seuls quelques-uns d’entre eux ont réussis à s’échapper.

Figurant parmi les ruines préhispaniques les plus significatives de l’Amérique du Sud, ce site nous offre l’occasion de découvrir un peuple qui nous était, jusqu’à lors inconnu. Pour accéder à celui-ci, un téléférique nous y amène en moins de 20 minutes alors que nous aurions mis un minimum de 2hrs de route pour y accéder en motorisé.

 

 

Une autre particularité des Chacha est sans aucun doute le rituel réservé aux nobles. Découvertes en 1996, les 219 momies de la Laguna de los Condores sont conservées dans un musée de la communauté de Leymebamba. Le processus de momification naturelle consistait à éviscérer le défunt ainsi que de remplir sa bouche, yeux, oreilles, nez et autres orifices par des bandelettes de coton. Par la suite, le corps était placé en position fœtale, les mains sur le visage et finalement recouvert de bandes de coton. Ensuite, on recouvrait, en guise d’offrandes la momie de vêtements, colliers, bijoux, instruments divers. Par la suite, on la recouvrait d’une autre couche de coton. Finalement, la momie était placée dans un sarcophage de bandes de bois en forme de cône. Ces sarcophages étaient placés à flanc de montagne surplombant la lagune des condors.

Nous sommes impressionnés par l’état de conservation de ces momies. Certaines semblent encore vivantes.

 

 

Contrairement à ce que nous pensions, Flavie n’a pas eu peur et n’a pas fait de cauchemar suite à la visite de ce musée. Cela est peut-être dû à une belle rencontre que nous avons effectuée en fin de journée. Telle notre habitude, nous cherchons un endroit où passer la nuit. Nous nous arrêtons en campagne près d’un terrain de soccer gazonné (place de choix car le enfants peuvent se dégourdir) pour demander à une dame s’il est sécuritaire pour y dormir. D’un grand sourire, Ruco répond spontanément « vous pouvez être mes voisins pour ce soir, si vous voulez ». Évidemment que nous acceptons! Elle nous invite à s’asseoir avec elle. En discutant de tout et de rien, nous visitons son jardin dans sa cour arrière. Elle nous offre quelques légumes et herbes en cadeau. À notre tour, nous partageons notre repas avec elle. C’est ce qu’on appelle la bonté à l’état pur.

 

 

Nous quittons la région fiers de ces nouveaux apprentissages et de la belle rencontre effectuée. Nous prenons une route étroite, parfois à peine plus large que notre campeur, qui serpente les Andes sur plus de 245km. Nous sommes époustouflés par la beauté que nous offre cette route spectaculaire.

 

 

Malgré la beauté de celle-ci, nous devons parcourir plusieurs passages pour le moins difficiles. Perchés par moment à flanc de montagne, surplombant des ravins tellement profond que l’on n’y voit pas le fond et où la circulation doit se faire un seul à la fois, la marge d’erreur est inexistante. Le klaxon est utilisé abondamment pour annoncer notre venue.

Ces montages vidéos vous offriront un bref aperçu.

Route Pérou

Route Pérou Enfants

 

Nous pouvons affirmer que cette route est de loin la plus spectaculaire que nous ayons parcourue pour le moment.

Cajamarca est une ville est très importante dans l’histoire Incas. En effet, c’est ici que les conquistadores ont lancé une attaque contre les troupes Incas et capturé leur chef Atahualpa. Sachant que les espagnols avaient une soif insatiable pour les métaux précieux, ce dernier négocie avec eux une rançon contre sa liberté, à savoir de remplir une pièce d’objets précieux. Cette pièce devait être remplie un fois d’or et deux fois d’argent, du plancher jusqu’à une hauteur équivalente du bout des doigts d’Atahualpa (11,7m de large X 6,90m de profond et 2,40m de haut). Malheureusement, une fois la rançon payée en moins d’une année, les espagnols prirent le butin et condamnèrent Atahualpa à mort par pendaison. Cette rançon serait l’une des plus importantes de l’Histoire.

 

 

Dans le cadre de ces moments passés dans les montagnes, nous sommes ravis et surpris par la gentillesse des gens. Voici un autre exemple: Alors que Yanic travaille sur le camper à l’extérieur, un homme s’arrête et jase avec lui. Il lui demande si nous avons besoin de remplir notre réservoir d’eau. Si tel est le cas, nous pouvons aller chez lui. Nous acceptons sa proposition. Finalement, notre rencontre avec Oscar nous permet de remplir d’eau, faire notre lavage chez lui et visiter un site archéologique. Avant de quitter, il nous invite même à dîner chez lui!

 

 

Où nous en sommes:

 

Notes:

En s’arrêtant dans un village andin, perché à plus de 3000 m, nous avons fait la dégustation du fameux cuy (cochon d’Inde et prononcé couille).

 

 

Voici un oubli dans le dernier texte des Galapagos:

En marchant seule avec Flavie sur la plage, Flavie lui dit qu’il ne reste qu’une journée avant de quitter les îles. Spontanément, Flavie répond:

-Dommage, j’aurais voulu rester pour toujours.

-Et pourquoi?

-Parce que je pourrais creuser des trous dans le sable, voir pleins d’animaux, nager avec des tortues. Nous aurions notre hôtel et nous pourrions dormir longtemps.

3 commentaires à propos de “La Sierra du nord

  1. Mon cousin Michel a épousé une péruvienne. Gissella. Son pays lui manque je vais prochainement lui montre vos superbes photos je suis certaine quelle va adorer. Merci

  2. Vos récits sont toujours passionnants à lire et les leçons d’histoire sont très appréciées. Merci de nous partager cela et soyez prudent sur la route

  3. Vous faites un vrai beau voyage, très intéressant.
    J’arrive de la rencontre du jeudi-soir au local de ve2csl, Il y avait un bon petit groupe d’amateurs.
    Ça parlait de communications numériques…
    Bonne route, soyez prudents.
    Merci de partager.
    Gilles ve2ejc

Laisser un commentaire

Votre adresse de courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Merci pour votre commentaire, il nous fait toujours plaisir vous lire.